Pour des relations apaisées entre l’Algérie et la France via le renforcement de la coopération Algérie /Europe
- Source geneva-institute.com
- Date : 2026-01-17
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Les relations algéro-françaises connaissent actuellement une forte turbulence jamais inégalé depuis l'indépendance politique Des relations apaisées sont souhaitables entre l’Algérie et la France et, d’une manière générale, entre Algérie via l’Afrique et l’Europe, son principal partenaire économique, loin de tout esprit de domination, sur la base d’un partenariat gagnant-gagnant, l’histoire ayant tissé entre la France et l’Algérie des liens humains, culturels et économiques d’une densité unique avec une importante diaspora dynamique qui peut être un vecteur puissant de rapprochement au profit des deux nations, Dans ce monde turbulent et instable , le dialogue des civilisations conditionne notre conscience commune, devant combattre tout extrémisme entravant les relations apaisées économiques et sécuritaires Algérie-Europe via la France, qui sont les facteurs déterminants de la stabilité des espaces euro-méditerranéens et africains.
QUELQUES INDICATEURS ÉCONOMIQUES.
En 2023, la structure des échanges commerciaux reste relativement stable par rapport à 2022, la Chine demeurant le principal fournisseur de l’Algérie, avec une part de marché de 22,9 %, suivie de la France (11,7 %) et de l’Italie (7,4 %). En termes d’exportations, l’Italie, la France et l’Espagne demeurent les principaux clients avec respectivement 15,2 milliards d’euros, 7,6 milliards d’euros et 6,7 milliards d’euros En 2024,les échanges commerciaux entre l'Algérie et l'Union européenne ont atteint environ 46,4 milliards d'euros , l'UE restant le premier partenaire avec plus de 5O%,
En 2023, les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Union européenne ont atteint au cours de 1,17 dollar/un euro, 58,73 milliards de dollars et les exportations algériennes vers l’UE étaient de 41,38 milliards de dollars. Sur une exportation totale de 55 milliards de (dont 50 en hydrocarbures brut et semi-brut),. Pour les importations de l’UE vers l’Algérie, elles étaient de 17,44 milliards de dollars, soit un excédent commercial pour l’Algérie.de 23,93 milliards de dollars.
L’Europe ayant eu recours à l’arbitrage international en juillet 2025,, mais des discussions sont en cours pour aplanir les divergences étant deux partenaires stratégiques. C’est que l’ Algérie exporte presque toute son énergie vers l'Europe, via canalisation Transmed Italie ou Medgaz Espagne en plus de ses exportations en GNL . Selon le bilan 2024 du ministère des Hydrocarbures, 78 % des ventes partent vers la zone euro Mais c’est surtout la répartition qui retient l’attention. Quatre pays concentrent à eux seuls plus de 80 % des flux. L’Italie arrive en tête avec 37 % du total, suivie de la France (18 %), de l'Espagne (17 %) et de la Turquie (10 %). E n plus différents projets sont en cours où Algérie ambitionne de devenir un pôle régional en développant des projets d'hydrogène vert et d'ammoniac avec des partenaires européens comme ENI et VNG AG, visant de nouvelles interconnexions énergétiques, en plus des projets visant à faire de l'Algérie un hub énergétique, notamment avec l'Italie, grâce à des interconnexions électriques et le développement d'énergies renouvelables (solaire)
Cependant, étant tantôt le deuxième , soit le troisième fournisseur de l’Europe avec une concentration sur l’Italie et l'Espagne, , selon une demande très fluctuante, loin derrière la Norvège, l’Algérie devra tenir compte de son principal concurrent qui sera la Libye en cas de stabilisation politique première réservoir d’Afrique de pétrole 48 milliards de barils, 15OO milliards de mètres cubes gazeux exploité à peine à 1O%, proche d e l’Europe pour une population ne dépassant pas 7 millions d’habitants, d’où les convoitises étrangères , et surtout des contrats entre ‘administration américaine et l’Europe qui s’est engagé à acheter du Pétrole gaz US pour 75O milliards de dollars sur trois ans ( 25O milliards de dollars par an) de ‘éventuel retour de Russie qui arrange surtout l’Allemagne, la France moins dépendante grâce au nucléaire, sous réserve de la résolution du conflit en Ukraine, qui avant les sanctions approvisionnaient l’Europe à plus de 45% et des politiques énergétiques prévues horizon 203O/2035, concernant l’efficacité et la transition énergétique de l’Europe qui ambitionne de couvrir ses besoins en énergies renouvelables entre 4O/5O%
Concernant la France après trois années consécutives de croissance, les échanges commerciaux avec l’Algérie ont reculé de 4,3 % en 2024, atteignant 11,1 milliards d’euros. Toutefois, l’Algérie conservant sa position de deuxième débouché des exportations françaises en Afrique, derrière le Maroc (7,4 milliards d’euros) et devant la Tunisie (3,4 milliards d’euros) .En 2024, la France a maintenu un déficit commercial avec l'Algérie, principalement dû aux importations massives d'hydrocarbures algériens (gaz et pétrole), atteignant environ 1,5 milliard de dollars pour l'année une tendance . Les échanges franco-algériens ont reculé de 4,3 % en 2024, atteignant 11,1 milliards d'euros, marquant une pause après des années de croissance Mais bien que les échanges bilatéraux aient connu une légère baisse au en 2024 comparé à 2023, le déficit s'est résorbé par rapport à l'année précédente, s'expliquant par une chute de la valeur des exportations algériennes (prix des hydrocarbures) et une hausse des exportations françaises Les entreprises françaises sont présentes dans des secteurs stratégiques tels que les transports, l’automobile, l’agroalimentaire, la banque/assurance et la pharmacie.
PAIX ET SÉCURITÉ PAR LE DIALOGUE.
C’est que l’ère des confrontations n’a eu cours pendant des siècles que parce que les extrémismes ont prévalu dans un environnement fait de suspicion et d’exclusion. Or, connaître l’Autre, c’est aller vers lui, c’est le comprendre, mieux le connaître et ce afin de favoriser le dialogue productif au profit de nos peuples. Aujourd’hui, face aux mutations du monde et aux défis communs, s’agissant de mettre en lumière les atouts de cette relation et les perspectives qu’elle ouvre, c’est dans ce cadre me semble t-il que s’ouvre notre rencontre à laquelle vous m’avez conviée en tant qu’expert indépendant . Dans le prolongement de mes interventions internationales, je considère que cette relation apaisée garantira la stabilité, tant économique que sécuritaire de la région méditerranéenne et africaine, dont l’Algérie est un acteur majeur, le devoir de mémoire entre la France et l’Algérie devant être pris en compte, en laissant le soin aux historiens des deux pays d’en dresser le bilan, mais devant surtout avec les prochains bouleversements mondiaux de préparer l’avenir.. La récente libération de l’écrivain Boualem Sansal dont il faut éviter toute instrumentalisation politique pour ne pas envenimer les relations, ce que souhaitent ceux qui ne veulent pas d’une relation apaisée, En plus des relations économiques, il convient de mentionner les relations sécuritaires ainsi que la forte présence de la diaspora algérienne en France, ce qui rend les relations plus sensibles et complexes et peut servir de pont pour le développement entre nos deux pays. Il s’agit de privilégier le dialogue productif, afin d’éviter toute déstabilisation régionale qui aurait des conséquences dévastatrices sur tout l’espace euro-méditerranéen et africain, dont l’espace sahélien, appelé à connaître un profond bouleversement et dont l’Algérie est un acteur stratégique de stabilisation grâce aux importants efforts de l’ANP et de toutes nos forces de sécurité. Cependant, la consolidation des relations Algérie-France doit être insérée dans le cadre de la coopération algéro-européenne à savoir l’Allemagne et la France, l’Italie et l'Espagne, l'Europe étant le principal client de l’Algérie via les hydrocarbures.
C’est pourquoi comme le souhaitent les autorités algériennes et européennes il s’agit de revoir les dispositions de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), en fonction d’une vision souveraine et d’une approche «gagnant-gagnant ». Selon l’UE, il faut inclure les importations européennes de pétrole et de gaz et dans ce cas le déséquilibre commercial est en défaveur de l’Europe et, bien que des efforts aient été faits, d’importantes réformes structurelles sont nécessaires pour rendre l’économie algérienne compétitive, qu’il n’est pas question de modifier l’accord-cadre, l’UE ayant signé des accords avec de nombreux pays, l’Algérie ne pouvant faire exception. Aussi, l’Europe n’est pas contre une révision de certains articles de l’accord mais souhaiterait la création d’un cadre juridique stable et transparent, propice à l’investissement, ainsi que la réduction des subventions, la modernisation du secteur financier, la levée des entraves au secteur privé, le développement du potentiel des partenariats public-privé qui font partie des réformes structurelles nécessaires qui doivent encore être menées. L’Europe se félicite de l’assouplissement introduit récemment par les autorités algériennes de la règle 51/49 pour cent, au moins pour les secteurs non-stratégiques, encore qu’il faille définir avec exactitude ce qui est stratégique et ce qui ne l’est pas ».
Sur le plan géostratégique, pour l’Europe, l’Algérie est un acteur déterminant de la stabilité régionale et de l’approvisionnement en énergie et dans le cadre de l’arbitrage de Bruxelles annoncé le 16 juillet 2025, il s’agit de trouver une solution mutuellement acceptable, l’accord reconnaissant à l’Algérie un droit de prendre des mesures de protection, dont l’article 24 qui lui donne le droit de prendre des mesures de sauvegarde, en arrêtant l’importation d’une catégorie de produits si elle porte préjudice à la production nationale, mesures qui doivent être renégociés pour rendre son champ d’application plus efficace et avantageux. Pour l’Algérie, l’objectif de cet accord est de « densifier » cette coopération, dont la démarche d’évaluation réclamée ne vise nullement à remettre en cause le cadre global de l’Accord, mais, bien au contraire, à l’utiliser pleinement dans le sens d’une interprétation positive de ses dispositions permettant un rééquilibrage des liens de coopération et que seules des négociations constructives permettraient de relancer la coopération entre l’Algérie et l’UE dans le but de mettre les relations économiques au centre de cette coopération, de donner à cet accord toute son importance et d’utiliser tout son énorme potentiel dans ses trois composantes politique, économique et humaine.
En conclusion, chaque nation est souveraine dans ses décisions et chaque pays défend sa souveraineté, n’existant pas de sentiments dans les relations internationales mais que des intérêts, étant entendu que la politique des affaires étrangères doit être pragmatique étant est appelé à évoluer en fonction des évolutions géostratégiques.
EN CONCLUSION , SOUHAITONS DES RELATIONS APAISÉES
En espérant l’émergence d’un grand Maghreb auquel je suis profondément attaché depuis de longues décennies, face, aux plus grandes puissances économiques, les USA et ,la Chine, à un monde en pleine transformation ,où le poids politique et économique croissant des BRICS nous orientant vers une nouvelle reconfiguration des relations internationales et un nouveau monde multipolaire , les relations entre l’Europe et l’Algérie via la France doivent s’inscrire dans le cadre des relations Europe Afrique. La nouvelle zone de libre échange intra africaine , la ZLECAF permettrait de réorganiser les marchés et les économies de la région et de stimuler la production dans les secteurs des services, de l’industrie manufacturière et des ressources naturelles par la création d’un marché commun de biens et de services qui renforcera la complémentarité économique du continent, stimulera le commerce euro-africain. L’enjeu majeur du XXIe siècle sera le continent Afrique avec des richesses colossales qui abritera dans une décennie le quart de la population mondiale qui sous réserve d’une bonne gouvernance et la valorisation du savoir pourrait devenir horizon 204O la locomotive de l’économie mondiale.
C’est dans ce cadre que des relations apaisées entre l’Algérie et la France ainsi qu’une coopération fructueuse avec l’Union européenne sont les facteurs de la prospérité et la stabilité de la région méditerranéenne et africaine, notamment au Sahel à la porte de l’Europe et donc privilégier le dialogue au lieu de la confrontation.
L’Algérie, de Saint-Augustin à l’Émir Abdelkader, a toujours contribué à la spiritualité, à la tolérance et à la culture universelle. Rappelons nous que lors des massacres massifs de chrétiens en 1860 en Syrie, il s’interposa par la force, abrita et sauva des milliers de chrétiens. Cela lui a valu une reconnaissance mondiale dont celle du pape Pie IX, de Napoléon III, de la reine Victoria du Royaume Uni, d’Abraham Lincoln des États-Unis et des dirigeants de la Russie, de la Prusse et de la Turquie ; En cette année 2026 souhaitons à notre monde paix et prospérité . Épris de paix, musulmans, chrétiens, juifs ou non croyants, nous devons combattre ensemble le racisme sous toutes ses formes. L’histoire millénaire a montré que juifs , chrétiens et musulmans ont toujours tissé des relations fécondes.. Dans ce monde turbulent et instable en perpétuel devenir, le dialogue des civilisations conditionne notre conscience commune car les confrontations prévalent lorsque les extrémistes dominent dans un environnement fait de suspicion et d’exclusion.Chaque nation est souveraine dans ses décisions et chaque pays défend sa souveraineté, n’existant pas de sentiments dans les relations internationales mais que des intérêts, étant entendu que la politique des affaires étrangères doit être pragmatique étant est appelé à évoluer en fonction des évolutions géostratégiques. En espérant l’émergence d’un grand Maghreb auquel je suis profondément attaché depuis de longues décennies, face, aux plus grandes puissances économiques, les USA et ,la Chine, à un monde en pleine transformation ,où le poids politique et économique croissant des BRICS nous orientant vers une nouvelle reconfiguration des relations internationales et un nouveau monde multipolaire , les relations entre l’Europe et l’Algérie via la France doivent s’inscrire dans le cadre des relations Europe Afrique La nouvelle zone de libre échange intra africaine , la ZLECAf permettrait de réorganiser les marchés et les économies de la région et de stimuler la production dans les secteurs des services, de l’industrie manufacturière et des ressources naturelles par la création d’un marché commun de biens et de services qui renforcera la complémentarité économique du continent, stimulera le commerce euro-africain. L’enjeu majeur du XXIe siècle sera le continent Afrique avec des richesses colossales qui abritera dans une décennie le quart de la population mondiale qui sous réserve d’une bonne gouvernance et la valorisation du savoir pourrait devenir horizon 204O la locomotive de l’économie mondiale .
Intervention du professeur Abderrahmane MEBTOUL a la rencontre annuelle de l’Association France- Algérie a l'IRIS le 17 Janvier 2026.
