Négociations à Genève entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis

Mardi 17 et mercredi 18 février, des représentants russes, ukrainiens et états-uniens se sont entretenus à Genève, dans le cadre de négociations trilatérales. Andrii Sybiha, ministre des Affaires étrangères ukrainien, a d’ores et déjà annoncé qu’un accord pour de prochaines négociations avait été conclu entre les trois parties : « L’objectif de la partie ukrainienne est de maintenir un fort rythme du processus de négociation et d’accélérer au maximum les efforts de paix. » a-t-il déclaré, aux côtés de la ministre des Affaires étrangères autrichienne, Beate Meinl-Reisinger. Toutefois, ces négociations n’ont pas pu aboutir à des accords concrets. Elles ont même été écourtées. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky assurait dans un entretien avec l’agence Kyodo News, que l’Ukraine était « prête » à faire des compromis dans le cadre de négociations. Cependant, suite aux exigences russes dans ce processus, le président assure que son pays n’est pas disposé à « recevoir sans cesse des ultimatums de la part des Russes. ». 

Malgré l’absence de victoires stratégiques russes sur le champ de bataille, le Kremlin maintient d’exigeantes revendications territoriales en Ukraine. Volodymyr Zelenski refuse catégoriquement de céder aux « ultimatums » russes : « Nous sommes prêts à accepter des compromis qui respectent la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, notre armée, notre peuple et nos enfants. Mais nous ne sommes pas prêts à accepter des ultimatums »

Ainsi, le commandant de la garde nationale ukrainienne, Oleksandr Pivnenko réassurait la détermination de Kyiv à reconquérir les territoires perdus depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine : « Nous avons perdu trop de notre population et de nos territoires pour juste arrêter et les céder » déclare-t-il à la BBC. Selon lui, l’Ukraine et ses soldats peuvent encore tenir tête à l’armée russe pendant plusieurs années, bénéficiant de la connaissance du terrain, d’une capacité d’innovation et d’un soutien majeur de la part d’un bon nombre de pays occidentaux : « Nous pouvons encore nous battre pendant quelques années, à 100 % ».

Les négociations de Genève ont également permis aux diplomates américains et russes de discuter de potentiels investissements américains en Russie. La Maison Blanche souhaiterait mettre fin au conflit le plus rapidement possible afin de pouvoir réaliser d’importants « deals » avec la Russie. Enjeu à la fois économique et électoral, le président Donald Trump a chargé Steve Witkoff et Jared Kushner de négocier un partenariat économique entre les deux pays, en échange d’un allégement des sanctions américaines. Côté russe, Sergueï Riabkov, vice-ministre des affaires étrangères, a assuré le 16 février que la normalisation des relations diplomatiques Russie / États-Unis constituait une « priorité » pour le Kremlin. Kirill Dmitriev, responsable du fonds souverain russe, chargé des négociations avec les Etats-Unis, cherche à attirer les entreprises américaines grâce aux quantités importantes de ressources présentes sur le territoire de la Russie.