Dans un contexte de tensions géostratégiques et énergétiques au Moyen Orient : visite de la première Ministre italienne et le Ministre des Affaires étrangères espagnol en Algérie
- Source geneva-institute.com
- Date : 2026-03-25
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1-Ces visites s’inscrivent dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une pression croissante sur les marchés gaziers et pétroliers qui connaissent une très forte volatilité, fonction des tensions au Moyen Orient avec le risque d’une récession de l’économie mondiale couplée avec une forte inflation.
Les prix sont passés avant le conflit de 65 dollars le 25 mars 2026 16h GMT à 1OO,83 dollars le Brent après avoir dépassé les 110 dollars, et 89,83 dollars le Wit et le prix de cession du gaz surtout le GNL soumis au prix spot de 28/3O dollars le mégawattheure à environ 55 dollars le mégawatt heure après avoir dépassé les 65 dollars. Pour les canalisations (67% de ses exportations pour l’Algérie, et environ 33% GNL)où en 2025, les exportations d'hydrocarbures algériennes ont été marquées par une baisse des volumes de GNL environ 9,54 millions de tonnes, du fait de la maintenance Ces visites concernent surtout les canalisations de es deux pays où les contrats sont à moyen et long terme et leurs révisions supposent des négociations, qui feront l’objet de ces visites tant de l’Italie que de l’Espagne si les prix des hydrocarbures continuent à subir une forte hausse, déstabilisant toute l’économie mondiale avec un pic inflationniste , devant raisonner sur l’ensemble de l’année . Selon des informations rapportées par la plateforme spécialisée ATTAQUA , les autorités algériennes envisagent d’ajuster les mécanismes de tarification du gaz, qu’il soit acheminé par gazoduc ou sous forme liquéfiée (gaz naturel liquéfié-GNL) et ce afin d’améliorer les revenus liés aux exportations, tout en renforçant la position du pays sur le marché européen et donc que l’Algérie souhaiterait appliquer une augmentation comprise entre 15 % et 20 % sur les volumes supplémentaires négociés. Des pourparlers avancés seraient en cours avec l’Italie et l’Espagne.
Pour l’Algérie, deux infrastructures concentrent l’essentiel de cet avantage. La première est le gazoduc Transmed, qui relie Hassi R’Mel à l’Italie via la Tunisie et le canal de Sicile. Mis en service en 1983 puis renforcé dans les années 1990, il s’étend sur plus de 2 500 kilomètres et atteint une capacité d’environ 32,7 milliards de mètres cubes par an. Sa robustesse technique et ses modernisations successives en font aujourd’hui l’un des principaux outils de la résilience énergétique italienne. La seconde est Medgaz, qui relie directement Béni Saf à Almeria, en Espagne. Long d’environ 210 kilomètres, ce gazoduc sous-marin atteint par endroits plus de 2 000 mètres de profondeur. Sa capacité, initialement fixée à 8 milliards de mètres cubes par an, a été portée à 10,5 milliards. Pour Madrid, cette liaison directe avec l’Algérie reste un axe de sécurité majeur. Ces deux conduites donnent à Alger un avantage rare dans la crise actuelle : celui de pouvoir livrer l’Europe sans passer par les routes les plus vulnérables du commerce mondial. Cela renforce la position du pays auprès de ses partenaires, en particulier l’Italie et l'UE, lui permettant de jouer un rôle de stabilisateur du marché européen en maintenant des flux constants malgré la crise.
2-Les importations italiennes en provenance d'Algérie, en majorité les hydrocarbures, ont reculé pour s’établir à 11,40 milliards de dollars , soit une baisse de 12,9 % et les exportations italiennes vers l’Algérie se sont élevées à 3,75 milliards de dollars enregistrant une hausse de 13,8 % par rapport à 2024. Ainsi, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 15,20 milliards de dollars ,ce qui donne un solde en défaveur de l’Italie en 20025 et au profit de l’Algérie de 7,65 milliards de dollars L’Italie reste un pays très dépendant des importations pour son approvisionnement en énergie : en 2024, 75 % de l’énergie consommée dans le pays était importée, l 'Algérie restant un fournisseur majeur, couvrant 32,8 % des importations italiennes de gaz en 2025 à travers le Transmed via Italie qui fonctionne en sous capacité maximum 23 milliards de mètres cubes gazeux. En juillet 2025, Sonatrach et l’Italien ENI ont signé un contrat de partage de production de 1,35 milliard de dollars pour le périmètre de Zemoul El Kbar (bassin de Berkine ) qui vise l'exploration et l'exploitation sur 30 ans avec une période de recherche de 7 ans. Pour l’Espagne, en 2025, les importations espagnoles en provenance d’Algérie de l’Espagne en majorité les hydrocarbures, se sont établies à 6,3 milliards d’euros, soit une hausse de +2,8 % par rapport à 2024 et les importations de l’Algérie d’Espagne ont atteint 3,1 milliards d'euros, soit un déficit en défaveur de l’Espagne d’environ 3,2 milliards de dollars bien que les échanges commerciaux Espagne-Algérie avec le rétablissement des relations diplomatiques aient connu un rebond dépassant les 10,99 milliards de dollars , au cours de 1,17 dollar un euro.
C'est que l'Espagne concerne l'Algérie est essentiellement approvisionnée par le Medgaz fonctionnant en pleine capacité environ 10,5 milliards de lettres cubes gazeux où le ministre espagnol abordera la question des approvisionnements en gaz algérien selon le journal espagnol El Periodico. En 2025, l'Algérie a consolidé sa position de premier fournisseur de gaz de l'Espagne, couvrant environ 34 % de ses importations. Les exportations totales vers l'Espagne ont dépassé les 9 milliards de mètres cubes, atteignant 128,5 TWh surtout en partenariat avec Naturgy, le principal opérateur énergétique espagnol qui a également signé avec Sonatrach des contrats de fourniture de GNL (gaz naturel liquéfié) par méthaniers jusqu’en 2042. Ces déséquilibres des balances commerciales Espagne-Italie et d’une manière générale l’Europe en incluant les exportations algériennes d’hydrocarbures, selon la commission européenne de plus de 23 milliards de dollars globalement en défaveur de l’Europe des 27 en 2025 expliquent d’ailleurs qu’en juillet 2025, l’Union européenne a eu recours à l’arbitrage international , divergences qui selon nos informations trouveront des solutions expliquant d’ailleurs.Cependant pour l’instant , du fait de la politique des subventions énergétiques généralisées et non ciblées, source de gaspillage , qui font que la consommation intérieure approche les 5O% de la production totale , de la faiblesse de l’investissement en amont dans ce secteur, il y a des limites aux exportations algériennes nécessitant d’importants investissements d’où d’ailleurs qui a demandé à l’Europe d’investir, si elle veut plus de gaz , ayant des capacités limitées pour l’instant. Ce qui explique les relations récentes avec le Niger d’un tronçon de plus de 8OO km non encore réalisé qui sera pris en charge par Sonatrach et donc d’accélérer le gazoduc Nigeria Europe via Algérie d’une capacité de 33 milliards de mètres cubes, en n’oubliant jamais, poutre les groupes terroristes dans la région, que le principal fournisseur de gaz en amont ce n’est pas le Niger mais le Nigeria (5500 milliards e mètres cubes de réserves ) et que le principal client c’est l’Europe. En effet, les réserves de pétrole de l’Algérie selon des données contradictoires variant 10/12 avec milliards de mètres cubes gazeux avec une production d’environ 98O.OOO barils et une exportation entre 2024/2025 entre 500.000/550.00O barils et 2500 milliards de mètres cubes gazeux de réserves avec une exportation d’,environ 52/55 milliards de mètres cubes sur une productions totale d’environ 105 milliards de mètres cubes gazeux , devant outre la consommation intérieure, injecter 20/25% dans les puits pour éviter leur épuisement, donc loin de celles du Moyen Orient ou de la Russie. Précisons par ailleurs que l’Algérie possède le troisième réservoir de pétrole-gaz de schiste au monde 19500 milliards de mètres cubes gazeux, ( voir audit réalisée sous ma direction, assisté du bureau d’études américain Ernst & Young et les cadres dirigeants de Sonatrach-opportunités et risques, 8 volumes 780 pages premier Ministère 2018) ayant mis en relief les contraintes pour protéger l'environnement).
En conclusion, la crise énergétique actuelle avec ses impacts négatifs sur le réchauffement climatique qui touche articulèrent l’Afrique et pose toute la problématique de la transition énergétique dont l’énergie solaire captée soit par des panneaux photovoltaïques (électricité) ou des capteurs thermiques (chaleur), l’hydrogène vert, bleu ou blanc , dont l’Afrique possède d’importants avantages comparatifs, les énergies renouvelables Concernant les énergies traditionnelles devant s’orienter vers le bio gaz, l'Algérie est un fournisseur stratégique majeur de gaz pour l'Europe, se positionnant régulièrement dans le top 3 (avec la Norvège et la Russie/USA) où en 2024-2026, elle assure environ 19-2O% des importations de gaz par gazoduc de l'UE et c'est dans ce cadre que s'inscrivent les visites récemment du commissaire européen à l'Énergie et récemment de l’Italie et l’Espagne, les deux principaux clients de l’ Algérie suivi de la France . D’une manière générale, les enjeux de ces visites sont outre les problèmes sécuritaires notamment au Moyen Orient, au Sahel et en Libye proche de l’Europe premier réservoir de pétrole en Afrique plus de 45 milliards de barils avec une population de moins de 7 millions, l’Europe via l’Italie veut investir massivement, sans oublier les accords futurs avec l’Europe sans oublier l’Afrique, via le Sénégal-Mauritanie avec les importantes découvertes de l'Île de la Tortue mises en exploitation en 2025, d'importantes réserves du gaz au Nigeria et au Mozambique, des flux migratoires et du déséquilibre commercial en leur défaveur, le renforcement de la coopération énergétique avec de nouveaux investissements , les négociations sur les contrats d'approvisionnement en gaz , le développement de projets communs dans les énergies renouvelables et la transition énergétique et la coopération dans les domaines de l'agriculture et de la formation.
Dr Abderrahmane Mebtoul- Professeure des universités , expert international.
