La Cour des comptes européenne alerte sur la dépendance de l'UE aux importations de matières premières critiques
- Source touteleurope.eu
- Date : 0026-02-04
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Malgré ses efforts, l'Union européenne reste largement dépendante de la Chine et des pays du sud pour les minerais critiques et les terres rares. Dans un rapport dévoilé le 2 février, la Cour des comptes européenne estime que les objectifs européens fixés pour 2030 sont durs à atteindre.
Des objectifs irréalistes. Un rapport spécial de la Cour des comptes européenne rendu public le 2 février 2026 indique que de nombreux projets stratégiques de l'UE dans le domaine des matières premières critiques ont "peu de chances de mener à une sécurisation de l'approvisionnement de l'UE à l'horizon 2030", notamment en raison d'une dépendance aux puissances étrangères.
Ce rapport examine plus précisément la capacité des 27 à atteindre leur objectif de 42,5 % d'énergie issue de sources renouvelables fixé à cette échéance. Les conclusions du rapport dévoilent que l'exploitation minière et l'exploration sont "sous-développées" dans l'UE et que "même lorsque de nouveaux gisements sont découverts, il peut falloir 20 ans pour qu'un projet minier de l'UE devienne opérationnel". "Cela rend difficile d'imaginer toute contribution concrète d'ici 2030".
Une dépendance critique à l'égard de la Chine.
Les auteurs pointent notamment une dépendance vis-à-vis de la Chine et des pays du sud pour les minéraux critiques et les terres rares. L'étude dévoile que l'UE dépend fortement de Pékin pour sept des 26 matières premières critiques. En effet, 97 % du magnésium, 71 % du gallium, 44 % du baryte et 31 % et du tungstène utilisés en Europe proviennent de la Chine.
Par ailleurs, la Chine détient entre 69 % et 77 % de six terres rares importantes qui permettent de fabriquer des aimants utilisés pour les systèmes de verrouillage des voitures, les portes de réfrigérateurs… Ces produits sont également utilisés pour la production de technologies liées aux énergies renouvelables comme les éoliennes, les pompes à chaleur et les panneaux solaires.
"Sans matières premières essentielles, il n'y aura ni transition énergétique, ni compétitivité, ni autonomie stratégique. Malheureusement, nous sommes aujourd'hui dangereusement dépendants d'une poignée de pays hors UE pour l'approvisionnement de ces matières", a déclaré Keit Pentus-Rosimannus, membre de la Cour des comptes européenne chargé de l'audit. "Il est donc essentiel que l'UE améliore ses performances et réduise sa vulnérabilité dans ce domaine", a-t-il ajouté.
Les Occidentaux s'unissent.
Pourtant, l'Union européenne a déjà tenté, en vain, de se libérer de cette dépendance énergétique, en signant par exemple, des accords sur les minéraux stratégiques avec 14 pays dont l'Ukraine et le Canada. Néanmoins, "les importations en provenance des pays ont diminué entre 2020 et 2024 pour 13 matières premières stratégiques" et "augmenté pour 13 autres minéraux" relève le rapport.
La publication de ce rapport intervient en même temps qu'une "réunion ministérielle sur les minéraux critiques" organisée à Washington par le secrétaire d'État américain Marco Rubio, ce mercredi. Plus de cinquante représentants d'États sont attendus, dont Stéphane Séjourné, le commissaire européen à l'industrie. "Ce rassemblement historique créera une dynamique de collaboration", explique le département d'État dans un communiqué. Selon les informations de Bloomberg, l'UE devrait proposer à Washington de signer un protocole d'accord dans le but d'un approvisionnement commun pour ces minerais.
Pae Lea Deseille.
