L’ouverture du détroit d’Ormuz comme solution au conflit au Moyen-Orient

Parallèlement, aux négociations aux USA entre Israël et le Liban qui connaît un drame , que ce soit du côté des USA ou de l'Iran, la guerre ne devrait pas durer les officiels annoncent que les négociations continuent au Pakistan , l’enjeu majeur des négociations outre le nucléaire  dont les USA viennent de reconnaître un enrichissement à des fins pacifiques pour l’Iran,  est le   blocus du détroit d’Ormuz.

Les américains étant autonome et exportateur en hydrocarbures, grâce au pétrole gaz de schiste,  8O% des exportations iraniennes étant destinées à la Chine à des prix plafonnés )  et bon nombre d’Asie étant pénalisés, du côté iranien  les exportations  ne dépendent pas  du détroit d’Ormuz  mais  de  l'île de Kharg (ou Khârg) située dans le nord du golfe Persique, vitale pour les revenus de Téhéran qui est le principal terminal d'exportation de pétrole de l'Iran, traitant environ 90 à 95 % du brut du pays  En effet, ,le blocus américain du détroit d'Ormuz, débuté autour du 13 avril 2026, menace à la fois l’économie mondiale , les pays du Golfe en pertes financières ,  exacerbant un choc pétrolier mondial et provoquant une chute des marchés financiers , et selon le FMI une croissance abaissée à 3,1% pour 2026 avec une perte mondiale  estimée à 350 milliards de dollars,  et 45  millions de personnes risquant une crise alimentaire,   mais également l'économie iranienne qui  aurait un coût énorme pour l'économie iranienne, chaque jour, ce serait environ 435 millions de dollars de perdus pour l'Iran.

En raison  du  blocage du détroit d'Ormuz, la cotation des hydrocarbures à la bourse  est fonction de l’évolution  de cette  situation  et des déclarations de Donald Trump qui vient de déclarer le15 avril 2026 , que la guerre était "presque finie" ayant nettement fait baisser les cours du Brent le  15 avril 2026 16 h GMT , évoluant entre 95/96 dollar. Le Moyen-Orient recèle   40 % des réserves prouvées mondiales de pétrole dont l'Arabie Saoudite environ 262,7 milliards de barils, soit un quart des réserves mondiales , Irak : ~112,5 milliards de barils., EAU : ~97,8 milliards de barils. Koweït : ~96,5 milliards de barils.  Iran : ~93,1 milliards de barils  et  40% des réserves mondiales de gaz dont Iran : 32 100 milliards de m³ (fin 2020), le Qatar : 24 700 milliards de m³, l'Arabie Saoudite 9800 milliards de mètres cubes gazeux, les Emiraties une moyenne  de 7000 milliards de mètres cubes gazeux et l'Irak 3500 milliards de mètres cubes gazeux et tout  conflit dans la région risque assurément d'affecter la production

Les tensions  avec l'Iran ont montré l'importance du détroit d'Ormuz contrôlé par l'Iran , situé au sud-est de Bandar Abbas avec des pays frontaliers qui sont au nord l'Iran, et au Sud-est les Emirats arabes unis, depuis Jazirah al Hammra , suivis du sultanat d'Oman d' une largeur d'une trentaine de milles marins (55 km) avec un tracé de deux couloirs de navigation de deux milles (3,5 km) de large chacun, l'un montant, l'autre descendant, les couloirs de navigation étant séparés par un couloir tampon de deux miles, bien que ses rails de navigation sont considérés comme étroits pour les supertankers, pour les porte-conteneurs ainsi que pour les méthaniers géants contemporains. Avec Gibraltar, le Bosphore, Malacca et le canal de Suez, il est un des grands détroits de la planète. Situé sur une route commerciale entre l'Asie, la Méditerranée et l'Europe permettant le passage du Golfe Persique au Golfe d'Oman, puis à la mer d'Arabie et à l'océan Indien. La fermeture du détroit de d'Ormuz, affecterait le transit du gaz et du pétrole car « porte de sortie » du pétrole de la région du Golfe qui compte 5 des 10 plus gros producteurs du pétrole au monde localisé au Moyen Orient comme mis en relief précédemment, où transitent plus de 30% des produits pétroliers dont plus de 20% du GNL. Le détroit d'Ormuz constitue une des principales voies de navigation connectant les pays pétroliers du Moyen Orient avec les marchés asiatiques, européen et nord-américain, et l'idée de canalisations pour le contourner exigerait un investissement colossal.

Il faut également tenir compte des tensions qui perturbé le trafic en Mer rouge que l‘Iran veut bloquer comme riposte au blocus américain par où 12 % du commerce mondial de marchandises, une voie de transit qui concentre 30% du trafic mondial de conteneurs et environ 8% de produits pétroliers, qui ont fait augmenter le coût du transport maritime de 15 à 20%.  Conjointement les tensions en mer rouge, avec la fermeture du détroit d'Ormuz pourraient pousser les prix des hydrocarbures à la hausse accentuant l'inflation et menaçant la croissance de l’économie mondiale. Aussi,  afin d'éviter  des tensions énergétiques de grandes ampleurs, aucun pays n'a intérêt à une généralisation du conflit au Moyen Orient : ni les pays du Golfe , ni l'Iran qui a besoin de ressources financières du fait de vives tensions sociales internes, ni les grandes puissances, surtout l’Europe dépendant à plus de 7O% de l’énergie importée,  de la Chine, un des plus gros importateur d'hydrocarbures, ni les USA avec le retour de l’inflation qui risque de faire perdre les élections du mois de novembre 2026 aux républicains qui selon Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management : «  Il est clair que Trump et la Maison-Blanche veulent sortir d'une guerre impopulaire aux États-Unis" » .

En conclusion le Moyen ne sera plus jamais comme avant devant connaître une profonde recomposition géostratégique ainsi que la gestion du détroit d’Ormuz par l’ensemble de la communauté internationale. Aussi, malgré le drame auquel nous assistons actuellement au Moyen-Orient et dans d'autres contrées du monde, n'oublions pas le drame du Soudan, l'histoire millénaire a montré que la symbiose des apports l'Orient et de l'Occident ont favorisé le dialogue des cultures et des civilisations avec des prospérités et des déclins, montrant qu'aucune civilisation n'est supérieure à une autre. Le devenir d'un monde multipolaire, conditionne largement la réussite de cette grande entreprise de cohabitation entre les peuples, qui interpelle notre conscience commune  Le grand défi auquel  le monde est appelé à relever notamment est la lutte contre  le réchauffement climatique qui n'est pas une vue de l'esprit, le défi du contrôle  numérique dont l'intelligence artificielle qui bouleverse  entre 2026/2030/2035 les comportements des citoyens, la structure future des emplois, la gestion  des entreprises, des institutions civiles et militaire.

Dr Abderrahmane Mebtoul- Professeure des universités , expert international.