Déclaration commune des participantes et participants à la Conférence internationale sur Tchernobyl

Nous, qui participons à la Conférence internationale des donateurs pour Tchernobyl, réunis à Kyiv à l’occasion du 40e anniversaire de la tragédie de Tchernobyl, réaffirmons notre engagement commun en faveur de la sûreté nucléaire, de la protection de l’environnement et de la coopération internationale.

Nous rendons hommage au courage, au sacrifice et au dévouement altruiste des liquidateurs de la catastrophe de Tchernobyl, dont les actions ont joué un rôle déterminant dans l’atténuation de ses conséquences et la protection de millions de vies.

Nous saluons la résolution A/RES/80/111 de l’Assemblée générale des Nations Unies, intitulée « Renforcement de la coopération internationale et coordination des efforts déployés pour étudier et atténuer le plus possible les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl », adoptée le 10 décembre 2025, ainsi que le rapport du secrétaire général A/80/395, intitulé « Conséquences durables de la catastrophe de Tchernobyl ».

Nous saluons également la décision 224 EX/30 de l’UNESCO, adoptée le 22 avril 2026, visant à commémorer le 40e anniversaire de la tragédie de Tchernobyl, qui a mis en évidence la nécessité, pour les générations actuelles et futures, de faire acte de mémoire et d’assurer une transmission et une sensibilisation aux risques.

Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, son héritage demeure une responsabilité mondiale. Aujourd’hui, cet héritage est confronté à de nouveaux risques en raison de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine.

Nous exprimons notre profonde inquiétude face aux dommages causés à la nouvelle enceinte de confinement de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le 14 février 2025, lors d’une frappe perpétrée par un drone russe, qui font peser de graves risques sur la sûreté nucléaire et l’intégrité structurelle à long terme.

Nous soulignons que la remise en état rapide et complète de l’enceinte de confinement est essentielle pour garantir la sûreté nucléaire et préserver les investissements internationaux considérables réalisés au fil des décennies.

Nous condamnons fermement les attaques russes contre les infrastructures civiles de l’Ukraine, y compris les installations liées au nucléaire, et réaffirmons que la sûreté nucléaire ne doit jamais être compromise.

Nous insistons fermement sur le fait que toutes les parties à un conflit armé, y compris un État agresseur, sont tenues de respecter strictement le droit international, y compris le droit international humanitaire, et doivent s’abstenir catégoriquement de toute action susceptible d’endommager ou de détruire des centrales nucléaires. De telles actions peuvent constituer une violation flagrante des normes internationales de sûreté nucléaire et du droit international humanitaire. Elles risquent de libérer des forces dangereuses et sont susceptibles de causer des dommages graves, étendus et à long terme à la population civile.

Nous saluons les efforts substantiels déployés par l’Ukraine, en coopération avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), ainsi qu’avec d’autres partenaires, notamment l’Union européenne (UE), le G7, les Nations Unies et d’autres organisations internationales, pour mobiliser le soutien international en faveur de la remise en état de la nouvelle enceinte de confinement.

Nous continuerons d’étudier les possibilités d’apporter des contributions financières et encourageons les partenaires à contribuer, conformément à leurs procédures et capacités nationales, à la mobilisation en temps opportun des ressources nécessaires.

Nous reconnaissons que la guerre d’agression menée par la Russie a eu un impact dévastateur sur les infrastructures énergétiques et la sûreté nucléaire, deux piliers essentiels de la sécurité européenne et de la stabilité mondiale, et qu’elle exige donc une réponse internationale coordonnée, compte tenu notamment des risques persistants liés à l’occupation continue de la centrale nucléaire de Zaporijjia.

Nous appelons à une action commune plus forte pour mettre fin au chantage nucléaire de la Russie et empêcher le retour des menaces nucléaires dans la politique mondiale. Il faut que la Russie rende des comptes, et il faut faire respecter les normes internationales contre l’intimidation nucléaire.

Nous continuerons à coordonner étroitement nos efforts, notamment par l’intermédiaire des mécanismes internationaux existants, afin d’assurer la mise en œuvre efficace des mesures adoptées.

Nous réaffirmons notre responsabilité commune d’assurer la sûreté à long terme et la sécurité du site de Tchernobyl grâce à des efforts internationaux coordonnés.

Nous accueillons favorablement le protocole d’entente entre l’Agence internationale de l’énergie atomique et le gouvernement ukrainien sur la coopération en matière de soutien à la reconstruction de l’Ukraine, signé le 10 juillet 2025 à Rome en marge de la Conférence sur le redressement de l’Ukraine de 2025, en tant que cadre important pour renforcer la coopération en faveur de la relance de l’Ukraine. Nous soulignons l’importance de sa mise en œuvre rapide et efficace et encourageons la poursuite de la coopération à cet égard, notamment dans le cadre des préparatifs en vue de la Conférence sur le redressement de l’Ukraine de 2026, qui se déroulera en République de Pologne.

Kyiv, le 26 avril 2026.