Balikatan 2026 : lancement des exercices militaires US-Philippines en mer de Chine méridionale 

L’exercice Balikatan 2026, le plus important exercice militaire annuel organisé par les Philippines et les États-Unis, a débuté le 20 avril en mer de Chine méridionale, notamment autour de l’île philippine de Luçon, et prendra fin le 8 mai. Cette édition est marquée par la participation sans précédent du Japon, qui n’avait jusqu’alors été qu’un simple observateur. Au total, l’exercice mobilise 17 000 soldats, dont 10 000 Américains et 1 400 Japonais. La Chine, qui revendique l’entièreté de la mer de Chine méridionale, s’est opposée à ces exercices et a déployé le 24 avril une partie de sa flotte dans les eaux situées à l’est de l’île de Luçon.

Balikatan 2026 devrait comprendre plusieurs exercices de tirs réels. Le lundi 27 avril, les forces philippines et américaines ont par exemple organisé un exercice de lutte anti-débarquement depuis les plages de Palawan. Cette île philippine fait face à aux îles Spratleys, que Manille considère comme relevant de sa zone économique exclusive. Par ailleurs, les Philippines et les États-Unis s’apprêteraient à réaliser pour la première fois des exercices de frappe maritime sur l’île d’Itbayat, le point le plus septentrional des Philippines, situé à environ 155 km de Taïwan.

L’édition 2026 de l’exercice Balikatan est la plus importante à ce jour en termes de nombre de pays participants. Elle a entre autres mobilisé les forces australiennes, canadiennes, françaises et néo-zélandaises. Une telle participation a conduit certains médias chinois à parler d’ « asiatisation de l’OTAN » et d’« atlantisation de l’Asie-Pacifique ».

Le Japon, qui dispose du statut d’observateur depuis 2012, a pour la première fois pris part aux exercices en tant que « participant ». En 2024, il avait signé avec les Philippines un accord d’accès réciproque qui permet aux deux parties de déployer leurs forces armées sur leurs territoires respectifs. En préparation des exercices Balikatan 2026, un destroyer de la Garde côtière japonaise a traversé le détroit de Taïwan le 17 avril pour se rendre aux Philippines. Selon la Chine, il s’agit d’une provocation, car le navire aurait pu passer par la mer de Chine orientale et le détroit de Luçon. Il aurait également traversé très lentement le détroit de Taïwan : à une vitesse moyenne de seulement 15,6 nœuds, il lui aurait fallu près de 14 heures pour franchir la zone.

La participation du Japon a été l’élément le plus commenté par la diplomatie chinoise. Interrogé le 20 avril à ce sujet, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Guo Jiakun, s’est contenté de rappeler que le Japon avait envahi et occupé les Philippines pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 30 avril, le porte-parole du ministère de la Défense, Zhang Xiaogang, a, lui aussi, évoqué les crimes commis par Tokyo aux Philippines, ainsi que le massacre de Nankin, appelant la communauté internationale à « s’unir pour endiguer le “nouveau militarisme” japonais, afin de préserver la paix et la tranquillité dans la région Asie-Pacifique ».

Le Commandement du théâtre Sud de l’APL a annoncé, le 24 avril, avoir déployé un groupement tactique interarmes (“Type 107”) dans les eaux situées à l’est de l’île de Luçon afin de mener des exercices d’entraînement. Son communiqué précisait que ce déploiement militaire constituait « une mesure nécessaire face à la situation actuelle dans la région », une allusion sans équivoque à l’exercice Balikatan 2026. Les exercices de la flotte de l’APL ont notamment inclus des tirs à munitions réelles ainsi que des opérations de coordination air-mer.