Les enjeux de la nomination du prochain Secrétaire général de l’ONU
- Source observatoire-boutros-ghali.org
- Date : 2026-05-12
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Dans cet article publié par l’International Crisis Group, Daniel Forti, chercheur responsable des affaires onusiennes au sein de l’organisation, analyse le contexte dans lequel le successeur d’António Guterres, actuel Secrétaire général de l’ONU, sera élu et formule plusieurs recommandations sur les ambitions et les projets que le nouveau Secrétaire devra porter.
Tout d’abord, l’auteur rappelle le contexte de l’élection du prochain Secrétaire général, qui se caractérise par un recul du multilatéralisme et la recrudescence des conflits violents. Il évoque également quelques considérations qui risquent d’influencer la décision du Conseil et de l’Assemblée générale : plusieurs États soutiennent la nomination d’une candidate féminine à la tête de l’ONU, et les États d’Amérique du Sud poussent pour la nomination d’un candidat issu du continent, sur le fondement du principe informel de rotation géographique.
Face au contexte géopolitique, le Secrétaire général devra restaurer la crédibilité de l’ONU, ce qui dépendra, par exemple, des efforts de rétablissement de la communication entre le Secrétaire et les grandes puissances, notamment les membres du Conseil de sécurité. Ceci pourra également passer par un rapprochement étroit avec les représentants permanents des États dotés du droit de veto, sans pour autant négliger les autres États membres afin de bénéficier de leur soutien dans le cadre des négociations. En outre, il suggère d’articuler le travail de l’ONU avec celui des organisations régionales, en particulier économiques, car les questions économiques et de paix sont plus que jamais liées. Aussi, l’auteur met en avant le besoin d’initiatives ambitieuses et créatives de la part du nouveau Secrétaire en matière de prévention des conflits et de rétablissement de la paix.
La nomination d’un nouveau Secrétaire permettra de redéfinir les pratiques héritées des mandats d’Antonio Guterres, marqués par une retenue qui a laissé moins de marge pour identifier des solutions innovantes en matière de paix et de sécurité. Cependant, le Secrétaire général ne peut à lui seul changer la réputation de l’ONU. À ce titre, il devra nommer une équipe dirigeante qualifiée et crédible. Une réorganisation interne pourra être nécessaire pour accompagner le changement des pratiques.
En ce qui concerne les opérations de maintien de la paix, le nouveau Secrétaire général devra défendre l’incidence positive des missions qui, en cas de retrait, laisseraient un vide considérable dans la gestion des conflits. Le nouveau Secrétaire devra également appuyer le travail d’adaptation des mandats des missions du Conseil de sécurité.
Daniel Forti, « Priorité à la paix : ce que l’ONU devrait attendre de son prochain secrétaire général », International Crisis Group, 16 avril 2026.
