Crise au Moyen-Orient : quelles conséquences sur l'économie mondiale ?
- Source viepublique.fr
- Date : 2026-05-06
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Le 30 avril 2026, l'Organisation des Nations unies (ONU) a présenté son analyse sur les répercussions économiques probables pour l'année 2026 liées au blocage du détroit d'Ormuz et à la guerre au Liban.
Les restrictions à la navigation dans le détroit d'Ormuz, malgré un cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, ont des effets en cascade sur les marchés mondiaux de l'énergie, des transports et de l'alimentation comme le rappelle l'Organisation des Nations unies (ONU) dans une analyse du 30 avril 2026.
L'acheminement du pétrole, du gaz et des engrais est grandement perturbé. Plusieurs scénarios et leurs conséquences directes sont analysés par l'ONU.
Hausse de l'inflation, baisse de la croissance.
Dans le meilleur des cas, soit une levée immédiate des restrictions, l'inflation remontrerait à 4,4% et la croissance mondiale reculerait à 3,1%. Du fait de chaînes d’approvisionnement fragilisé, le commerce international ralentirait fortement.
Si les restrictions devaient se prolonger jusqu'à la mi-année :
32 millions de personnes basculeraient dans la pauvreté.
45 millions de personnes seraient exposées à la faim extrême, du fait de la chute des rendements agricoles liée à la pénurie d’engrais.
La croissance serait de 2,5% et l'inflation de 5,4%.
L'ONU évoque "le spectre d'une récession globale", avec les pays en développement qui seraient les plus durement touchés (perte d'emplois, dette écrasante, insécurité alimentaire).
Le secrétaire général de l'ONU a appelé les parties à garantir la liberté de navigation, conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité.
L'analyse de l'ONU rappelle que la crise au Moyen-Orient ne se limite pas au détroit d'Ormuz et qu'au Liban 1,2 million de personnes risquent de basculer dans une situation de faim aiguë, d'ici au mois d'août, du fait des affrontements dans le sud du pays entre le Hezbollah pro-iranien et l'armée israélienne.
Une crise énergétique en Asie mais aussi en Europe.
Depuis la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz et des attaques sur des infrastructures clés, l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) a baissé de 20%. Le continent le plus durement touché est l'Asie. Si la situation perdure, les stocks européens pourraient ne pas suffire pour l'hiver prochain, menaçant le continent d'une crise énergétique. Les prix du GNL ont très fortement augmenté en Asie (+140%) et en Europe (+70%).
D'autres secteurs vitaux sont atteints. Le secteur du gaz de pétrole liquéfié (GPL), essentiel pour la cuisine (notamment en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est), est fortement impacté.
Selon la commission économique des Nations unies (CEE-ONU), trois leviers peuvent résoudre de telles crises :
Consommer moins d'énergie.
Mieux exploiter les ressources existantes, notamment par la récupération du méthane.
Accélérer la transition énergétique, notamment par l'électrification des secteurs clés (transports et chauffage).
