Signature du protocole d'accord entre Donald Trump et le président iranien, les négociations reprennent en Suisse

Donald Trump et les autorités iraniennes ont paraphé à distance le protocole d'accord de paix, mercredi 17 juin, dans la soirée. Ce texte prévoit notamment l'arrêt des opérations militaires y compris au Liban, la fin du blocage du détroit d'Ormuz et la levée des sanctions américaines contre l'Iran. Les négociations, en vue d'un accord final, se poursuivent dimanche 21 juin en Suisse.

Une étape majeure. Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance, mercredi 17 juin, le protocole d'accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février dernier par une attaque conjointe israélo-américaine. La signature de Donald Trump est intervenue peu avant un dîner officiel avec Emmanuel Macron au château de Versailles, lieu symbolique du traité signé en 1919 ayant mis fin à la Première Guerre mondiale. 

Dans le prolongement de cet accord, les discussions initialement prévues vendredi 19 juin, et reportées, reprennent finalement dimanche 21 juin en Suisse où se retrouvent les médiateurs pakistanais, une délégation américaine menée par JD Vance et une délégation iranienne. Ces nouveaux pourparlers sont centrés sur le programme nucléaire iranien, le détroit d'Ormuz et le Liban.

Que prévoit ce protocole d'accord ?

Le texte de l'accord, en 14 points, ouvre une période de 60 jours afin de permettre la négociation d'un accord final. Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, le protocole d'accord est entré en vigueur dès mercredi soir.

Concrètement, le document, dont les principaux éléments ont été révélés hier soir, prévoit notamment la fin immédiate des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, la reprise du trafic maritime "sans frais" dans le détroit d'Ormuz, la levée du blocus des ports iraniens, la suspension des sanctions américaines, le dégel des avoirs iraniens et la création d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction du pays.

L'Iran s'engage à ne pas développer d'armes nucléaires, réaffirmant une position de longue date. Il accepterait également la dilution sur place de son stock d'uranium enrichi sous supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Une option de transfert hors du pays, souhaitée par Washington, a été rejetée par Téhéran.

Malgré une rhétorique offensive, Donald Trump semble avoir obtenu très peu des objectifs affichés au début du conflit. À l'inverse, l'Iran apparaît plus proche qu'auparavant d'un allègement significatif des sanctions estiment certaines sources. En effet, le régime théocratique demeure en place, alors que ses capacités balistiques n'ont pas toutes été détruites, que son stock d'uranium enrichi n'a pas été abandonné et que son soutien à des groupes comme le Hezbollah au Liban n'a pas cessé.

Les négociations en vue d'un accord final reprennent.

Les dirigeants du G7 ont salué le protocole d'accord signé en marge de leur sommet à Évian-les-Bains, qui s'est terminé le 17 juin. Alors qu'une cérémonie officielle devait initialement se tenir en Suisse vendredi 19 juin, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a affirmé hier qu'"aucune cérémonie de signature n'aura lieu", les signatures ayant déjà été apposées.

Pas de cérémonie de signature. Mais le territoire helvète est bien le théâtre de la poursuite des négociations entre les deux parties en vue de sceller un accord final. Ces discussions, initialement annulées puisqu'elles devaient se tenir vendredi 19 juin dans le prolongement de la signature des Présidents américain et iranien, se déroulent finalement dimanche 21 juin. Autour des médiateurs pakistanais, les délégations iranienne et américaine avec JD Vance se retrouvent dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac de Lucerne. Les pourparlers reprennent avec l'Iran "pour une fin durable de la guerre au Moyen-Orient", a indiqué la Maison Blanche.

Encore des préoccupations.

En dépit de signaux positifs et de l'espoir entretenu par la signature d'un mémorandum entre les belligérants, les Européens restent vigilants. Ils partagent d'abord les préoccupations américaines concernant le programme nucléaire iranien, sans avoir soutenu l'intervention militaire menée sans mandat de l'ONU. "Nous sommes formels : l'Iran ne doit en aucun cas se doter de l'arme nucléaire", avait rappelé en début de semaine le Premier ministre britannique, Keir Starmer.

Ils s'inquiètent également du fait que l'Iran ait renforcé sa position en résistant à l'offensive et en affirmant son contrôle sur le détroit d'Ormuz que certains pays, dont la France, proposent de sécuriser une fois un accord de paix scellé.

Dans une déclaration commune, les dirigeants de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, du Japon, de l'Italie, du Canada et des États-Unis ont appelé à un cessez-le-feu immédiat au Liban, où l'accord prévoit l'arrêt des affrontements entre Israël et le Hezbollah, conflit ayant fait des milliers de morts et déplacé plus d'un million de personnes.

Malgré la conclusion du protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités en territoire libanais, l'armée israélienne a intensifiée ses bombardements dans le sud du pays, dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant au moins 16 morts, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Un fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah est finalement intervenu, vendredi 19 juin après-midi.

Plus largement, les Européens se sont déjà dit prêts à contribuer à la suite du processus de paix. "Qu'il s'agisse de son influence économique, de son expertise dans le domaine nucléaire ou de ses relations de longue date avec ses partenaires du Golfe, l'UE est prête à contribuer à un règlement durable [du conflit]'", a exprimé la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas.