Éviter l'impasse dans le choix du nouveau Secrétaire général de l’ONU
- Source observatoire-boutros-ghali.org
- Date : 2026-07-26
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Dans un article du Global Observatory de l’International Peace Institute (IPI), Lynn Hasting, ancienne Secrétaire générale adjointe de l’ONU et coordinatrice spéciale adjointe pour le processus de paix au Moyen-Orient, examine les risques de blocage entourant la désignation du successeur d’António Guterres à la tête des Nations unies.
L’autrice rappelle d’abord le contexte : sept candidatures sont déjà déclarées, sans qu’un favori clair ne se dégage, alors que règne une forte polarisation au sein du Conseil de sécurité. Or, selon l’article 97 de la Charte, la nomination requiert la recommandation d’au moins neuf membres du Conseil de sécurité, sans veto d’un membre permanent, avant un vote à la majorité de l’Assemblée générale. Pour tenter d’éviter un blocage, le Conseil s’appuiera sur le système informel des « votes indicatifs », instauré après l’impasse de 1981 qui avait opposé pendant seize tours de scrutin la Chine et les États-Unis, avant l’émergence du candidat de compromis Javier Pérez de Cuéllar.
L’article souligne que les fonctions exclusives du Secrétaire général rendent un vide prolongé particulièrement risqué, d’autant que le mandat de Guterres s’achève le 31 décembre 2026. Deux précédents historiques sont mobilisés pour illustrer les dangers d’un tel scénario : le veto soviétique contre Trygve Lie en 1950, qui avait débouché sur une prolongation contestée de son mandat et durablement affaibli son autorité jusqu’à son départ ; et la mort de Dag Hammarskjöld en 1961, suivie de sept semaines de vacances durant lesquelles son chef de cabinet avait dû assurer une gestion de facto dépourvue de base légale avant la nomination de U Thant.
Face à ce risque, Lynn Hastings identifie trois options : prolonger le mandat de Guterres ; désigner la vice-secrétaire générale Amina Mohammed comme cheffe par intérim, statut dont la légalité resterait toutefois ambiguë ; ou encore recourir à la résolution « Union pour le maintien de la paix » de 1950 (A/RES/377), qui permettrait à l’Assemblée générale d’agir directement en cas de paralysie du Conseil, offrant une base juridique plus solide qu’une interprétation créative des textes existants.
L’article conclut en appelant les États membres à anticiper dès maintenant ce scénario, plutôt que de se contenter, comme par le passé, d’improviser au coup par coup au prix de décisions juridiquement fragiles. Il recommande à l’Assemblée générale d’adopter, au-delà de 2026, des procédures claires garantissant que tout Secrétaire général par intérim dispose de pouvoirs pleinement définis et d’un calendrier précis.
Lynn Hastings, « Avoiding Deadlock in the Selection of a New UN Secretary-General », IPI Global Observatory,
