Sommet de l’OCS : Un 25eme anniversaire sur fond de conflits mondiaux
- Source spds.fr
- Date : 2026-09-22
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Du 31 août au 1er septembre s'est tenu à Bichkek, au Kirghizistan, le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), réunissant chefs d'État et de gouvernement des dix pays membres, dont Vladimir Poutine, Xi Jinping, le président iranien Massoud Pezeshkian, et les premiers ministres indien Narendra Modi et pakistanais Shehbaz Sharif, ainsi que le Secrétaire général des Nations unies António Guterres.
Fondée en 2001 par la Chine et trois pays d'Asie centrale (Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakhstan) pour contrebalancer l'influence occidentale, l'organisation compte aujourd'hui quinze partenaires de dialogue, parmi lesquels la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar.
Pour ses 25 ans, le sommet s'est conclu par la déclaration de Bichkek, qui réaffirme l'attachement des membres à un ordre mondial multipolaire, à une réforme de la gouvernance mondiale et à la lutte contre le terrorisme. Mais derrière cette unité de façade, l'implication directe de plusieurs États membres dans les conflits ukrainien et iranien expose les divergences et les fragilités d'un bloc régional plus hétérogène qu'il ne le revendique.
Derrière la façade de « front uni » sur le dossier iranien, deux dynamiques opposées coexistent. D'un côté, les tensions régionales : les frappes iraniennes sur l'Arabie saoudite et sur la Turquie, dont Téhéran a démenti avoir visé le territoire, ont ravivé les méfiances de deux membres observateurs de l'OCS à l'égard de l'Iran. De l'autre, la solidité du soutien chinois. Face aux menaces de sanctions américaines contre les alliés de Téhéran, Pékin a réaffirmé qu'il « défendrait fermement » ses intérêts, en cohérence avec son statut de premier importateur de pétrole iranien.
Pour Téhéran, ce sommet répond à plusieurs objectifs : selon son président, il s'agissait avant tout de consolider la relation avec la Russie, partenaire militaire central, tout en démontrant aux États-Unis que l'Iran n'est pas isolé, et de renforcer, dans la foulée, le partenariat avec son principal soutien économique, la Chine.
Bien qu’elle soit totalement omise dans la déclaration de Bichkek, la guerre en Ukraine se sera introduite de manière plus indirecte au sommet. Le premier ministre indien a notamment provoqué un certain malaise en conférence de presse avec son homologue russe, en l’enjoignant à “passer d’une guerre sans fin à la fin de la guerre”. Une intervention qui risque d'être vécue comme une humiliation par le président alors que des déclarations similaires avaient été émises un mois plus tôt par le président kazakh lors d’une visite à Omsk en Russie, appelant au “gel” de la guerre. C’est ainsi un président russe affaibli qui se présente au sommet de l’OCS, conscient que les attaques ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques ne lui permettent plus de mettre la pression sur ses partenaires (notamment l’Inde, grand importateur de pétrole russe).
Ce sommet, occasion parfaite pour Vladimir Poutine de montrer que la Russie n’est pas isolée diplomatiquement, aura finalement révélé le déséquilibre de la relation sino-russe. L’Asie centrale demeure notamment le théâtre de rivalités entre la Russie et la Chine. En effet Pékin profite de l’affaiblissement de l’influence russe dans la région pour renforcer ses partenariats. Pour la première fois l’année dernière, le commerce entre l’Asie centrale et la Chine a dépassé les 100 milliards de dollars. Le président russe espère néanmoins faire avancer le projet de construction d’un gazoduc allant de la Russie à la Chine, un projet que Pékin se montre hésitant à concrétiser.
